L’ART DE MOURIR

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Provenance : France-soir
Auteur : Jean-Marc Ancian

Voici un article paru dans France Soir le 12 janvier 1982 :

Victime d’un terrible accident de la route, Marie Halliche, consciente qu’elle allait mourir, dédie ses derniers instants à Krishna

Hare Krishna ! Hare Krishna ! Krishna ! Krishna ! Hare ! Hare !… Couverte de sang, allongée sur le bord de la chaussée glacée, à quelques mètres de ses camarades éjectés de la camionnette où elle était installée quelques secondes auparavant, Mahima-bhusana sait qu’il ne lui reste que quelques instants à vivre. Ses dernières paroles, elle les dédie à Krishna.

Marie Halliche, pour l’état civil, vingt-cinq ans, disciple de krishna, est morte vendredi dernier à la suite d’un accident de la route dû à une plaque de verglas quelque part entre Le Plessis-Belleville et Senlis (Oise). Elle avait quitté quelques minutes plus tôt le château d’Ermenonville (Oise) dont son mari, Alain Halliche est responsable pour l’Association Internationale de la Conscience de Krishna.

D’origine laotienne, Marie Halliche avait connu son mari en Australie. Elle vivait en France depuis huit ans et se consacrait presque exclusivement à l’éducation de ses trois enfants.

« Il y a quelques jours, rapporte un de ses amis, elle avait fait des rêves prémonitoires : elle était enceinte de six mois et avait rêvé que son enfant ne verrait pas le jour, qu’il allait lui arriver quelque chose de très grave. Depuis trois jours, elle se consacrait nuit et jour à la prière. »

Un sapeur-pompier du Plessis-Belleville qui assistait à son agonie racontera plus tard aux membres de l’association : « Elle était très détendue, sereine. Elle savait qu’elle allait mourir. Elle l’a annoncé, et puis elle s’est mise à prier. »

Il y a 5000 ans…

Alors que les Vishnouduta, les envoyés de Vishnou, s’emparent de son âme, le corps de Marie Halliche est transporté à la morgue de l’hôpital de Senlis. Ses amis viennent lui faire sa dernière toilette. Ils lavent son corps et le parent d’un sari neuf, tracent sur son front le tilak, le « V » de Vishnou, enduisent son corps de pulpe de bois de santal, l’aspergent d’eau sacrée du Gange et passent autour de son cou une guirlande de fleurs sanctifiées.

Toute la nuit de vendredi et toute la journée de samedi, les disciples de Krishna ont prié et chanté pour le repos de son âme, au siège de l’Association, à l’hôtel d’Argenson à Paris, au château d’Oublaisse (Indre) et, bien sûr, à Ermenonville où la veillée s’est achevée par un festin à base de préparations végétariennes consacrées par des brahmanes.

Jeudi prochain, le corps de Marie Halliche sera incinéré au cimetière du Père-Lachaise « pour que l’âme ne s’y attache pas ». Les cendres seront ensuite éparpillées dans le Gange, à Mayapour, à une cinquantaine de kilomètres de Calcutta où l’association possède un centre, à Vrindavan où Krishna vécut il y a cinq mille ans environ.

« Au-delà de la peine ressentie par les membres de l’A.I.C.K à la nouvelle de la disparition de leur « sœur en Dieu », cet évènement a été pour eux la confirmation de la grandeur de leur maître spirituel,

A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada.

En effet, Mahima-bhusana, dévote de Krishna depuis plus de huit ans, est l’exemple d’une personne qui, en quelques années, et sans qualification préalable particulière, a pu atteindre la perfection de la vie humaine, à savoir, selon les Ecritures Védiques se souvenir de Dieu, la Personne Suprême, Krishna, au moment de la mort. Selon les mêmes Textes, c’est la conscience dans laquelle on quitte ce corps de matière au moment de la mort qui détermine la valeur de notre vie, sa réussite ou son échec. Que l’on meure absorbé dans les pensées de ce monde, et l’on devra renaître pour satisfaire ses désirs inassouvis, mais contraint de subir les souffrances inhérentes à la vie incarnée.
Au contraire, que l’on réussisse à fixer son mental sur Dieu lors de ses derniers instants et l’on retrouvera sa position éternelle de serviteur de Krishna dans le monde spirituel, mettant par là même fin au cycle des morts et des renaissances ici-bas.

Tel est le véritable miracle accompli par Srila Prabhupada, qui a su initier des gens éduqués dans une société totalement matérialiste à une philosophie aussi élevée que la philosophie védique, à les entraîner à suivre une vie pure et austère et à leur permettre d’atteindre ainsi au niveau le plus élevé auquel peut aspirer l’être humain, et ce, à un moment où l’humanité tout entière se perd en conjectures quant au sens même de son existence. »

Jean-Marc Ancian
Article paru dans France-Soir le 12 janvier 1982

25 ans plus tard, un livre parait:

« Death Divine, the gateway to spiritual perfection »,
Edition Jaya Radhe Publication, (sept 2007)
Compiled and edited by Manjari-devi-dasi
Pour se procurer le livre: Josette Genevois, 9 rue Abbé Gibert, 36240 Ecueillé
Contact: gaurangi.lok@pamho.net

Récit de la lutte et du succès de cinq femmes qui ont fait face à leur mort dans la dignité spirituelle qui était la leur, et qui ont de ce fait atteint la plus haute perfection spirituelle. En effet, selon la tradition Védique du Bhakti-Yoga, mourir en se souvenant de Dieu, en chantant Ses Sains Noms, est le but de l’existence.

Voici un extrait de la vie de Mahima-bhusana, écrit par Josette Genevois, récit qui se trouve dans le livre “Death Divine” et tel qu’elle l’a recueilli auprès des témoignages de son mari et de ses amies proches.

Mahima-bhusana (Marie-France Victoire Halliche) était une dévote de Krishna qui vivait en France dans une communauté proche de Paris et avait 25 ans au moment des faits en 1982. Elle était mariée à Alain Halliche (Adi-sekhara de son nom spirituel) et mère de 3 enfants…(ndr : nous avons gardé les prénoms sanskrit des amies de Mahima. Les termes « das » et « devi dasi » signifient serviteur ou servante de Dieu).

“Un jour Mahima fit un rêve très perturbant. Elle avait rêvé qu’elle était enceinte de son quatrième enfant mais qu’elle ne verrait jamais cet enfant. Effectivement elle était enceinte de son quatrième enfant et elle faisait ce rêve de manière récurrente.

« Je savais qu’elle était très anxieuse à cause de ces rêves violents qui lui montraient qu’elle ne verrait pas l’enfant qu’elle portait et qu’elle mourrait dans une guerre. Elle avait une forte prémonition que quelque chose de terrible allait arriver à l’enfant qu’elle portait. Elle a consulté beaucoup de docteurs pour voir s’il y avait un danger à la naissance mais tous lui dirent que tout était normal. » Visesa devi dasi

Cependant, le sentiment qu’une tragédie allait arriver devint de plus en plus fort. En tant que dévote, elle comprenait que le monde matériel est plein de dangers, mais ce que Mahima percevait était au-delà du danger normal de vivre dans cette réalité terrestre. C’était quelque chose d’effrayant, qui s’amplifiait, se rapprochait sans cesse.
Elle se souvint qu’un astrologue lui avait dit des années auparavant en Inde : « quand vous aurez vingt cinq ans, il se passera quelques chose de terrible. » Mahima avait maintenant vingt cinq ans. Un autre astrologue indien avait dit à son mari qu’il perdrait quelqu’un de très cher en 1982. On était maintenant en 1982.
Pensant qu’il arriverait quelque chose à son fils, Mahima priait Krishna que cela ne soit pas un de ses enfants et disait en riant : « peut être ce sera moi ! ».

« Elle venait souvent et s’asseyait à coté de moi et m’exprimait son angoisse quant à la naissance de ce nouvel enfant. Les choses arrivaient vite, elle était déjà enceinte de six mois. Et de ce fait, elle était plus réceptive à toutes ses perceptions subtiles et au fait qu’elle craignait de ne pas le voir naitre.
Elle avait une peur intense et inhabituel de l’accouchement et de la souffrance. Je ne l’avais jamais vue comme cela avant, elle allait voir constamment les docteurs pour savoir comment elle pourrait accoucher sans douleur.
» Radhika-prema devi dasi

Mahima continua sa vie. Elle était une mère de famille qui s’occupait de ses trois enfants. Mais elle portait un poids lourd dans son cœur : l’intuition que quelque chose de tragique allait arriver, un sentiment qui grandissait de jour en jour. Elle se sentait seule, son mari était en Inde pour affaires.
La vie spirituelle de Mahima était dirigée vers un abandon à la volonté de Krishna. Elle était aussi philosophique. Elle était maintenant absorbée dans la lecture du Mahabharata et partageait ses réalisations avec les dévots le matin au petit déjeuner.
Auparavant en tant que mère de famille elle avait du mal à trouver du temps pour sa pratique spirituelle (chanter ses prières sur son chapelet, se rendre au temple etc). Maintenant à mesure que ses rêves et prémonitions s’intensifiaient, sa pratique et son absorption dans le chant des Saints Noms et l’écoute des gloires du Seigneur s’intensifiaient d’autant plus. Elle se levait très tôt le matin, chantait sur son chapelet et lisait beaucoup. Elle prenait refuge dans les enseignements de Krishna autant qu’elle le pouvait.

6 janvier 1982 :

« Mahima avait changé. Il était clair qu’elle portait quelque chose de très lourd et très grave dans son cœur. On la connaissait joyeuse et légère même dans des circonstances difficiles, mais maintenant nous pouvions sentir une intense souffrance, une grande tristesse émaner de son cœur. Elle ne souriait plus comme d’habitude et marchait d’une manière qui montrait l’épuisement. Elle plaisantait toujours mais le cœur n’y était plus. » Dhara devi dasi

L’horoscope de Mahima disait qu’elle aurait six enfants. Elle avait donné naissance à trois et elle donna naissance aux trois derniers dans un rêve :

« Mahima vint me voir et me raconta le rêve qu’elle avait fait la nuit dernière. Elle donnait naissance trois fois dans une souffrance insupportable et que j’étais la seule à être à ses coté. » Radhika prema devi dasi

7 Janvier 1982

Kanti se souvient : « Nous nous rencontrions quand nous allions chercher nos enfants à l’école. Elle n’allait pas bien, complètement épuisée. Quand je lui ai demandé si elle allait bien, elle me dit : ‘j’ai toujours ces violents cauchemars et je n’ai pas du tout dormi cette nuit. J’ai lu le Srimad-Bhagavatam toute la nuit. C’est tout ce que je peux faire maintenant. C’est mon seul réconfort en ce moment.’ Elle me rappela ce qu’un astrologue avait prédit à son mari et comment il devait perdre quelqu’un de cher cette année.
Je lui ai demandé, ‘pour qui as-tu peur ? ton fils, Sri-Murti ?’ A ces mots, elle me regarda très gravement. J’étais choquée. ‘Toi ?penses-tu que cela sera toi ?’ Elle n’a pas répondu, alors je lui ai demandé si ses rêves lui donnaient des informations particulières. Elle ne répondit pas non plus, mais dit, ‘Je ne peux pas penser à autre chose maintenant que prendre refuge du Srimad-Bhagavatam et prier que mon mari ne soit pas affligé par une lourde perte.

Elle n’a jamais dit, ‘j’espère que je ne vais pas mourir’ ou ‘je prie pour que mes enfants ne meurent pas’. Elle était toujours comme cela : sans considération pour ses propres souffrances et toujours concernée par la souffrance des autres. Et maintenant elle était juste concernée que son mari ne souffre pas.
J’ai essayé de l’encourager et elle a plaisanté un petit peu mais il était très clair qu’elle était troublée par le futur et qu’elle faisait de sérieuse tentative pour prendre refuge en Krishna qu’Il lui donne la force d’accepter le plan qu’Il avait pour elle.
»

8 Janvier 1982

C’était l’hiver et il avait tant neigé le jour d’avant que les branches des arbres croulaient sous le poids de la neige. Ce soir là, une brise tiède inattendue avait commencé à faire fondre la neige qui sous l’effet des températures froides de la nuit avait tourné en glace. Tout était couvert de gel, même l’herbe semblait entourée d’un manteau de cristal.
Devaratha das et trois dévots étaient prêts à partir pour Paris pour faire des courses pour le temple. Mahima insista pour venir avec eux même si les routes étaient couvertes de verglas. Elle voulait acheter les ingrédients pour faire un gâteau d’anniversaire pour le responsable du temple. Mahima installa ses trois enfants dans un fauteuil dans le hall du temple. Son fils, Sri Murti demanda à sa mère s’il pouvait aller avec elle. Elle lui dit que non. Il demanda alors, « Mata, peux tu me ramener une brosse à dents bleue, s’il-te-plaît ? et il regarda sa mère se diriger vers la camionnette pour y rentrer avec les autres dévots.
Mahima regarda ses trois « petits chinois » comme elle les appelait, leur fit un signe de la main et monta dans le véhicule.
« Mahima donna à son amie des bonbons à la menthe et lui dit d’en donner à ses enfants toutes les demi heures après qu’elle soit partie ; ensuite elle monta dans la camionnette et lui dit en riant :‘je te confie mes orphelins !’. c’était le même ton morbide que sa plaisanterie d’hier : ‘si je ne reviens pas, s’il-te-plait prends soin de mes enfants’.
« je pensais qu’elle plaisantait. Je me suis tournée pour regarder les enfants. Govindaji, 7 ans, Sri-Murti 4 ans avec Rati-keli 2 ans et demi sur ses genoux. J’ai soudain eu peur. Et si elle ne plaisantait pas ? J’ai soudain pensé qu’elle n’allait jamais revenir. J’ai crié inconsciemment : ‘Mahima ! ne pars pas !’. Je ne savais quoi penser ni quoi faire.

Ensuite Je me suis souvenue que Mahima m’avait promis une photo de Srila Prabhupada. Je lui demandais : ‘Mahima, quand est-ce que tu m’apporteras les photos ?’. Elle s’est arrêtée, et m’a simplement regardé un moment avant de répondre : ‘demain’ avec un sourire triste. Elle ne savait pas comment me dire qu’il ne lui restait plus de temps. » Nandi-rupaka devi dasi

Mahima s’assit sur le siège avant de la camionnette à coté de Devaratha qui conduisait. Il fallait environ une heure pour aller à Paris mais avec ce verglas, cela prendrait plus de temps.
Devaratha roulait lentement et avec précaution. Soudain il vit un gros camion qui transportait des voitures venir dans la direction opposée. Le camion glissait sur la chaussée à cause du verglas et l’arrière de la remorque vint se planter en angle droit sur la route. Devaratha essaya de freiner et de s’arrêter mais impossible à cause du verglas. Il réussit à ralentir la camionnette et cria : sautez ! tout le monde, sautez ! sortez maintenant ! »
Tous sautèrent hors de la camionnette sauf Mahima. On ne sut jamais pourquoi elle ne sauta pas. Etant enceinte de six mois, il était improbable qu’elle puisse sauter du véhicule comme ça. Peut être n’a-t’elle pas pu trouver la poignée de la porte à temps. Ou peut être elle n’essaya même pas, ayant déjà abandonné son cœur à ce qu’elle savait qui allait lui arriver. L’instant d’après, l’arrière de la remorque s’écrasa de plein fouet sur la camionnette.
Les quatre hommes gisaient inconscients et blessés sur la glace et Mahima était gravement blessée mais pleinement consciente. Elle avait une profonde blessure à la poitrine, ses genoux et ses jambes étaient cassés, son front était perforé et ses dents cassées. Elle saignait abondamment car un os cassé avait perforé sa jambe. Peu de temps après, une dame s’arrêta et demanda à Mahima, qui baignait dans son sang : « Comment allez-vous ? », Mahima répondit : « ça va ». Elle lui dit quelques mots de réconfort puis la laissa pour aller chercher du secours et prévenir les dévots. Il a fallu trois heures aux ambulanciers et aux pompiers pour arriver sur les lieux à cause du verglas.

Mourir seule

Mahima pouvait sentir le sang sortir de sa jambe. Elle ne pouvait pas bouger, ni arrêter le sang de couler. Elle comprit qu’il lui restait peu de temps à vivre et elle pouvait aussi sentir l’enfant qu’elle porter mourir dans son ventre. Cela ne faisait plus de doute maintenant. Les rêves et prémonitions des semaines passées étaient réels, un message de Krishna pour la préparer à mourir très bientôt.
Mahima avait compris et avait fait de son mieux pour abandonner son cœur à Sa volonté. Elle s’était levé tôt, avait chanté ses prières et s’était absorbé dans les Ecritures beaucoup plus ; elle avait prié pour que son mari et ses enfants ne souffrent pas. Elle avait pris refuge en Krishna comme elle l’avait toujours fait dans les moments difficiles.
Elle avait dit au revoir à ses enfants même s’ils étaient trop jeunes pour comprendre. Elle avait dit « A demain » à son amie plutôt que de lui dire, « avec tous ces rêves que j’ai fait, je ne sais pas ce qui va m’arriver et combien de temps il me reste à vivre. »
Auraient-ils compris ? Ou lui auraient-ils dit que ses rêves et prémonitions omniprésents ne voulaient pas forcément dire qu’ils deviendraient vrais. Qu’ils pouvaient être les peurs de quelqu’un en état de fragilité émotionnelle et de ce fait ne sont pas à prendre au sérieux.

Mahima gisait maintenant dans un champ de glace, seule avec sa mémoire, ses pensées et ses désirs, seule face à sa mort imminente. Elle était une jeune maman qui adorait ses « petits chinois » et une femme attachée à son mari. Il n’y avait pas de dévot autour d’elle, personne pour lui rappeler le souvenir de Krishna et de Srila Prabhupada, pour l’aider en lui racontant les divertissements de Krishna ou pour chanter « Hare Krishna » pour elle, afin qu’elle puisse entendre les Saints Noms même si elle ne pouvait pas les chanter elle-même.
C’était ses derniers instants et elle faisait face maintenant à l’épreuve la plus cruciale de sa vie, le choix ultime qu’une personne a toujours : s’abandonner à Krishna ou continuer son existence matérielle.

Le choix final de Mahima

Combien avait-elle réalisé cela ? Que choisirait-elle ? Où ses pensées la mèneraient elle ? Son corps était en si mauvais état et la faisait souffrir ! Aurait-elle la force mentale requise et suffisamment de foi pour dépasser cela et savoir vers quoi se diriger ? Serait-elle capable de voir la nature illusoire et temporaire de la réalité matérielle pour se fixer uniquement sur la réalité spirituelle et intemporelle de sa relation d’amour éternelle avec Krishna ?

Quand les secours arrivèrent, ils vinrent immédiatement vers Mahima. Elle était encore pleinement consciente. Bien qu’incapable de bouger, saignant profusément et à l’agonie à cause de ses blessures, elle était calme et paisible. Elle dit aux secouristes : « S’il vous plait, allez et aidez les autres en premier. Ils ont plus besoin d’aide que moi. » Il a fallu encore un peu de temps avant que l’équipe des secouristes reviennent vers Mahima.
Les deux autres ambulances étaient déjà parties pour l’hôpital avec les quatre autres dévots. La troisième ambulance n’avait plus de plasma et sans cela, il était impossible de faire quoi que ce soit pour la sauver. Elle saignait à mort. Mahima n’a pas paniqué, mais est restée calme et maitrisée, soumise à sa condition comme étant la Miséricorde de Krishna.
Elle dit simplement quelques mots au sujet de ses enfants et, alors qu’ils la mettaient dans l’ambulance, elle demanda son chapelet. Le chauffeur de l’ambulance le trouva par terre sur la route et le donna à Mahima. Elle commenca à chanter le maha-mantra.

Mahima était une femme et une mère, une dévote inconnue, peinant dans sa vie dévotionnelle. Il n‘y avait pas de dévots pour lui chanter « Hare Krishna » ou pour lui mettre une guirlande de fleurs maha ou de la poussière de Vrindavan sur elle. (ndr : rituel que l’on pratique dans le Bhakti Yoga au moment où une personne quitte son corps). Alors que l’ambulance démarrait pour l’hôpital, Mahima, toujours calme et sereine, dit à l’ambulancier : « Je vais mourir maintenant ». Elle a commencé à chanter sur son chapelet, « Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna, Krishna, Hare Hare… » et elle quitta son corps très paisiblement. Son enfant non-né mourût ensuite dans son ventre.

Mahima a chanté les Saints Noms dans ses derniers instants. Cela a été son choix final. Elle a quitté ce monde matériel en priant et appelant Krishna. Simultanément, sa dernière action a été de montrer l’exemple. Même avec un visage défoncé et des dents cassées, elle a chanté si distinctement et si clairement que l’un des ambulanciers fut capable plus tard de réciter le maha-mantra en entier alors qu’il ne l’avait jamais entendu auparavant.

Il confia : « J’ai vu des gens mourir avant mais jamais de manière si calme et si paisible qu’elle. Elle a juste dit qu’elle allait mourir et elle a commencé ses prières. »

« Sans panique et sans peur, seule une détermination sans faille et une foi totale. On ne peut pas feindre cela. Il faut avoir un véritable amour pour Krishna pour se permettre de partir de cette manière ; manière qui défie toute critique et tout doute. Krishna avait certainement un plan pour Mahima, et ceux qui ont pu sous estimer son service et sacrifices dans le passé auront pris une leçon devant sa détermination tranquille et sans faille de quitter son corps dans le souvenir de Krishna. » Kanti devi dasi

La vie de Mahima nous a donné une leçon très importante : un véritable amour.

« Elle était une dévote au-delà de son époque. Quand la plupart d’entres nous confondions renoncement et détachement avec l’ ignorance impersonnelle des autres, Mahima, elle, aimait et servait pleinement du fond du cœur. Elle aimait d’un esprit généreux et de pardon qui lui donnait grande force et persévérance. Bien qu’elle se sente elle-même une simple dévote sans qualification, en réalité sa plus grande qualité était l’amour ; l’amour qu’elle avait pour son mari, pour ses enfants, pour les dévots, et pour les autres.
Mettant de coté ses peurs et ses ressentiments, elle s’est remplie d’amour pour Srila Prabhupada et Krishna et parce que son cœur leur était authentiquement abandonné, elle était capable de véritable amour. A la différence de certains, elle n’avait pas peur d’aimer et de le montrer. Elle ne disait jamais que ce soi-disant amour n’était qu’un attachement matériel. Et parce qu’elle savait ce qu’était l’amour véritable, Mahima pouvait aimer Krishna, la personnification du véritable amour. Alors Krishna lui a dit, ‘Maintenant tu rentres à la maison’ et elle l’a fait. » Kanti devi dasi

Mahima-bhusana signifie en sanskrit : celle qui est ornée de Gloire

Le jour suivant l’accident, les dévots marchaient dans la cour du temple en état de choc. Tous aimaient Mahima et parlaient d’elle avec affection. Elle avait laissé une profonde impression dans le cœur de chacun. Des amies proches de Mahima ont reçu des signes qu’elle avait atteint une destination meilleure : Pendant qu’elle pleurait à cœur perdu dans la forêt adjacente au temple, Mathura Vrndavana a clairement entendu Mahima lui dire : « Mathura, va prendre le repas avec les autres, je veux que tu ailles là-bas parce que je suis heureuse et je veux que tu partages ce repas avec moi » (ndr : dans la tradition indienne, quand quelqu’un quitte son corps on cuisine un grand festin que l’on offre à Krishna puis à tous en hommage à la personne disparue).
Govinda Nandini vit sa chère amie dans un rêve, jouant au ballon comme une petite gopi, tout était très beau, Mahima était très féminine, comme elle l’était sur terre, et si légère qu’il semblait qu’elle flottait.
Adi-sekhara son mari, apprit la nouvelle à Bombay. Il était dévasté. Son frère Janardana arriva à Vrndavana trois jours plus tard avec les cendres de Mahima et ils allèrent tous deux au bord de la rivière Yamuna. Alors en chantant les Saints Noms, Adi-sekhara répandit les cendres de sa femme bien-aimée dans la rivière sacrée.
Il rêva souvent de Mahima dans la semaine qui suivit son départ. Un jour elle lui apparut dans une fenêtre dans le ciel et elle lui a fait un grand sourire. Cela l’a aidé à comprendre qu’elle allait bien, mais même avec ces signes réconfortants, la mort subite de Mahima le choqua au plus profond de lui-même.
Il comprit combien il aimait profondément sa femme et comment il aurait été heureux de continuer à vivre avec elle, d’élever leurs quatre enfants ensemble dans la conscience de Krishna.

« La mort de Mahima tourna une page de ma vie. Si elle était restée, j’aurai probablement continué mon service mais j’étais totalement dévasté par son départ. Je ne l’ai pas montré beaucoup. Je devais continuer à assumer mes responsabilités et les dévots à l’époque n’avaient pas l’habitude de révéler leur sentiments les plus profonds.
Quand elle était là, ma vie était organisée, et tout d’un coup tout a basculé. C’est là que j’ai réalisé combien Mahima avait été d’un support moral extraordinaire pour moi. Sans elle je n’aurai jamais été capable d’assumer autant de responsabilités au sein du mouvement.
Elle était la source de ma force et juste de savoir qu’elle était là me donnait du courage.
» Adi-sekhara

Grâce à l’article paru dans France-Soir et Ouest France, la mort de Mahima chantant les Noms de Dieu devint une nouvelle nationale dans un pays où il est extrêmement rare d’avoir une couverture médiatique positive.” (cf haut de page).

Article écrit par: Josette Genevois, (traduction Kalakanthi devi dasi)
pour se procurer le livre en anglais, envoyez un chèque de 13€ à:
Josette Genevois
9 rue Abbé Gibert
36240 ECUEILLE (FRANCE)
contact: gaurangi.lok@pamho.net

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